Martine Rose, JW Anderson, Dunhill, la Fashion Week homme de Milan a l’accent british

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Trois créateurs issus du royaume de Sa Majesté, Jonathan Anderson et Martine Rose pour leurs propres marques et Simon Holloway pour Dunhill, livrent, chacun dans leur genre, des collections été 2025 résolument britanniques.

Pourquoi diable la Fashion Week de Milan est-elle allée chercher Martine Rose, la coqueluche de la presse anglaise qui défile habituellement à Londres ? Pour s’encanailler, peut-être. De ce côté-là, c’est réussi : la mise en scène foutraque (des tours de tee-shirts, des serviettes de bain accrochées n’importe où, des gradins façon stade de foot amateur…) dépayse journalistes et acheteurs habitués à l’ambiance feutrée des défilés des grandes maisons italiennes. Les modèles ont soit des têtes de méchants, soit des prothèses de nez façon Dobby, l’elfe domestique de Harry Potter… Mais à trop vouloir la jouer subversive, la Britannique oublie l’essentiel : la collection. Impossible ou presque de voir les vêtements dans la pénombre – de toute façon, hormis quelques pantalons de survêtement, quelques maillots de foot où le nom de Martine imite le logo Pirelli de celui de l’Inter Milan, très peu seront vendus, ou même produits.

Mais peu importe : ici, les fans vous parlent de « l’énergie », de la « fraîcheur », bref, de tout sauf des vêtements. C’est tout le paradoxe de cette marque : Rose, ex-bras droit de Demna chez Balenciaga, a certes contribué à définir une époque et une certaine vision de la mode masculine, mais elle n’a pas su se renouveler comme son mentor et semble aujourd’hui coincée dans cette esthétique sportswear nostalgique.

Collection Dunhill été 2025
ALESSANDRO GAROFALO

Choc des cultures, deux heures après, avec pourtant un autre britannique, Simon Holloway chez Dunhill. Ici, les modèles sont impeccablement coiffés, tirés à quatre épingles et portent leur alliance. On est plus à Mayfair ou au Royal Ascot que dans les clubs de South London. En tout cas, ça donne envie d’être riche et beau. On imagine que c’est le but. Holloway, gentleman à petite moustache et souliers de velours brodés de ses initiales, nommé en 2023, connaît les codes de la haute société britannique, c’est une certitude. « Cette collection correspond à la manière dont s’habillent nos clients, explique-t-il en coulisses. C’est un vestiaire pour une vie de plaisir, ce sont les codes vestimentaires de cet univers-là, qu’il s’agisse de la jaquette, du costume du soir, de la tenue de sport, ou de celles d’Ascot. » Répondre aux besoins de ses clients reste la base de ce métier, et à l’heure où de plus en plus de collections sont hors sol, il faut saluer la démarche. Les costumes croisés sont sublimes, les pardessus franchement parfaits, les vestes de conduite en veau velours aussi, le savoir-faire évident. En revanche, si Holloway assure que « la clientèle Dunhill est très internationale » (et, cela va sans dire, très privilégiée), on peine à voir comment un homme à la vie normale pourrait se projeter dans ce vestiaire très codifié, aristocratique, voire anachronique. Pourtant, en allégeant un peu tout ça (moins d’accessoires, ouvrir légèrement un col, passer une veste sur un col rond…), en mettant ce luxe inouï au service d’une allure plus facile et contemporaine, de nouvelles portes s’ouvriront sans doute pour Dunhill. Encouragements.

Collection Dunhill été 2025
ALESSANDRO GAROFALO
Collection JW Anderson été 2025
JW Anderson

En comparaison de ces deux visions comme figées dans le temps (mais à deux époques différentes), JW Anderson avance toujours, regarde derrière « juste ce qu’il faut » pour créer une mode radicale, avant-gardiste… Résultat ? Anderson donne aux observateurs une vraie claque dans une saison milanaise morose. Le designer nord-irlandais livre là l’une de ses plus belles collections pour sa propre marque, fourmillant d’idées, à la fois virtuoses, conceptuelles (les pulls comme des maisons irlandaises, ces jupes pour homme comme des tentes) et franchement amusantes comme ces cravates géantes, ces pulls Guinness qui ont mis en émoi une partie de la presse britannique, et ces pièces ornées des mots « Real Sleep » (« vrai sommeil ») déjà viraux sur les réseaux sociaux. « pour moi, c’est une collection résolument jw anderson, qui rappelle certains de nos défilés de londres passés, affirme-t-il. Je voulais revenir à ces années, d’ajouter quelques souvenirs d’enfance aussi, mais aussi d’expérimenter avec la mode. J’avais envie de me lâcher ! » Sublimes, les blousons de motard en cuir sans manches à poches, les bombers gonflés, les parkas huilées façon Barbour et le sac reprenant l’empeigne d’un mocassin font très envie. Tonnerre d’applaudissements pour le designer le plus talentueux du moment.

Collection JW Anderson été 2025
JW Anderson

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