France-Autriche : après leurs prises de paroles politiques, les Bleus de retour sur le terrain sportif

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Sport et politique ne font pas bon ménage, entend-on souvent. Cet adage, Kylian Mbappé et Marcus Thuram l’ont pris, chiffonné et jeté à la poubelle ces deux derniers jours, marquant une rupture dans les prises de position politiques des joueurs de l’équipe de France, à l’approche de son objectif prioritaire : son entrée en lice dans l’Euro 2024, lundi 17 juin, face à l’Autriche, à Düsseldorf.

L’attaquant puis le capitaine des Bleus sont tour à tour montés au créneau pour identifier le danger qui plane selon eux sur la vie politique française : une potentielle arrivée au pouvoir du Rassemblement national à l’issue des élections législatives des 30 juin et 6 juillet. « Le match de demain [lundi] est très important. Je suis bien placé pour le dire parce que je l’ai répété plein de fois. Mais il y a une situation en France qui est beaucoup plus importante que ce match », a expliqué Mbappé. Le Bondynois et ses coéquipiers réfléchissent en outre à un moyen d’exprimer une position commune sur le sujet dans les jours à venir.

Mais ce lundi, il sera uniquement question de football. Ces préoccupations externes, qui reviennent avec insistance depuis leur arrivée en Allemagne, mercredi, n’ont eu aucun impact sur la préparation du match contre l’Autriche, assure Mbappé : « Ça ne change rien au fait qu’on est très concentrés. »

Un constat confirmé par Didier Deschamps, qui ne voit pas ses joueurs perturbés par le contexte : « Quand ils sont sur le terrain, en séance ou en match, ils sont concentrés sur l’objectif. » Cet objectif, à savoir le match contre l’Autriche, le sélectionneur et son staff l’ont rabâché aux joueurs ces dernières semaines, plus ou moins subtilement.

« Sortir de la tenaille » autrichienne

Depuis le début de la préparation à Clairefontaine, le 29 mai, les Bleus mangent avec les Autrichiens. Ou plutôt, devant eux. A chaque déjeuner étaient diffusées des images des matchs de Das Team. « On les connaît bien maintenant », a souri Théo Hernandez, vendredi, confirmant que les Tricolores maîtrisent désormais sur le bout des doigts l’équipe de Ralf Rangnick, le sélectionneur allemand de l’Autriche.

De là à disposer facilement de cette équipe piégeuse, potentiel outsider dans cet Euro ? Les semaines avant le match, Didier Deschamps a donné l’impression d’assurer un service après-vente un peu prématuré, qui a eu le mérite de préparer le public à une éventuelle contre-performance. « C’est une équipe sous-estimée, qui possède de très bons joueurs », a expliqué, en substance, celui à qui il ne manque que l’Euro à son palmarès de sélectionneur.

En juin 2022, les Bleus avaient été malmenés à Vienne (1-1), un match au cours duquel William Saliba, qui devrait débuter ce soir à la place d’Ibrahima Konaté en défense centrale, avait souffert. Le défenseur avait été surpris, comme ses coéquipiers, par l’agressivité autrichienne. Deux ans plus tard, les joueurs de Das Team ont intégré encore davantage les préceptes de Rangnick, faits de pressing mordant, d’intensité et de jeu direct vers l’avant.

« Il va falloir sortir de cette tenaille », a anticipé Thuram, qui devrait débuter sur le côté gauche de l’attaque. S’ils y parviennent, les Bleus tenteront de profiter des espaces laissés dans le dos de la défense autrichienne grâce à la vitesse de leurs attaquants. Kylian Mbappé aura l’occasion de s’y engouffrer… à condition que son physique le lui permette. Depuis le début de la préparation, le Bondynois est gêné par des douleurs au dos et au genou, et il a été ménagé contre le Canada puis lors de l’entraînement de jeudi, à Paderborn. « Pour l’instant, ce qui est sûr, c’est que j’ai le mental. Demain [lundi], on verra si j’ai aussi les jambes », a annoncé le capitaine.

Le rassurant N’Golo Kanté

L’autre incertitude réside autour du système de jeu tricolore. Le 4-4-2 des deux matchs de préparation n’a pas convaincu et Didier Deschamps pourrait faire reculer Antoine Griezmann, afin que celui-ci exerce la même influence que lors de la Coupe du monde 2022. Le sélectionneur pourra d’autant plus se le permettre qu’Adrien Rabiot, un temps incertain et joueur d’équilibre essentiel, semble prêt à commencer la rencontre.

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Toujours au milieu, Aurélien Tchouaméni est encore trop court après sa fracture de fatigue contractée début mai avec le Real Madrid, mais son retour semble possible pour le deuxième match contre les Pays-Bas, vendredi. Dans ce contexte, la présence de N’Golo Kanté rassure tout le monde. Convaincant lors des deux matchs de préparation et à l’entraînement, le champion du monde 2018 va devoir prouver qu’il peut répondre à l’intensité des Autrichiens.

Depuis le début de son mandat de sélectionneur, en 2012, Didier Deschamps a remporté tous les premiers matchs des grandes compétitions auxquelles il a participé. Un nouveau succès confirmerait l’imperméabilité des Bleus à la pression extérieure et les lancerait parfaitement dans la compétition. Davantage réservé que certains de ses joueurs sur la situation politique du pays, Didier Deschamps a tout de même lancé un appel au public français : « La seule chose dont je suis sûr, c’est que l’espace d’un match, le sport et le football ont cette capacité à unir tout le monde. »

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