« C’est une personne disponible pour nous, qui veut nous aider » : comment le mentorat à la fac change la donne

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« C’est comme un petit chaperon ! Une personne disponible pour nous, qui veut nous aider ». Quand elle parle de sa mentor, la voix de Lina, 23 ans, est pleine d’enthousiasme. La jeune femme, actuellement en 2ème année de master Marketing international à l’IAE d’Annecy, fait partie des bénéficiaires du programme de mentorat proposé par le Club des Entreprises de l’Université Savoie Mont Blanc. Pendant un an, un professionnel tisse un lien privilégié avec un étudiant, pour l’accompagner dans son projet de formation ou professionnel.

La mentor de Lina s’appelle Anne-Marie. À 28 ans, l’acheteuse internationale à Genève est une ancienne de l’IAE. « Je trouve ça rassurant que des anciens de ma formation apportent un témoignage concret de ce que leur master leur a apporté ! », souligne Lina. Le binôme échange régulièrement depuis octobre. Sa mentor l’a notamment accompagnée dans sa recherche de stage. « Elle m’a aidée à affiner mon projet, m’a donné des tips pour aborder les entreprises. Elle m’a beaucoup motivée, m’a dit de pas lâcher, même si je recevais des mails-types de refus », se souvient l’étudiante.

C’est Alain Hivet, directeur de concessions Jean Lain Mobilités et vice-président du Club des Entreprises, qui a proposé ce mentorat, il y a 4 ans. Initialement pour accompagner les décrocheurs, en 1ère ou 2ème année universitaire. « L’idée était de les faire entrer dans le monde professionnel ou de les faire ré-adhérer à l’université. Mais je me suis rendu compte que beaucoup de jeunes avouaient faire des études mais ne pas savoir pour quel métier. C’est un peu comme si je monte dans la voiture, je démarre, je roule, mais je ne sais pas où je vais ! »

« J’adore l’idée que quelqu’un fasse ça pour transmettre, aider »

Alain Hivet a fait partie des premiers mentors. « L’étudiant que j’ai accompagné avait besoin d’être conforté dans l’idée de se diriger vers le commerce. Beaucoup d’étudiants, comme lui, ont des interrogations sur l’évolution des métiers à 4 ou 5 ans… » Et là, les échanges avec des professionnels permettent de mieux se projeter. Avec un interlocuteur dédié, plus accessible que les enseignants, et surtout impliqué au quotidien dans le monde du travail.

 

« J’adore l’idée que quelqu’un fasse ça de son plein gré, pour transmettre, aider. Je trouve ça très beau de leur part », s’enthousiasme Lina. D’autant que dans son entourage, la jeune femme n’avait pas forcément de personne ressource pouvant la conseiller sur son orientation. « Dans ma famille, je suis pour l’instant la seule à être allée dans des études aussi longues. C’est un peu mon jardin secret, je n’en parle pas. Ils m’encouragent mais ne comprennent pas précisément ce que je fais ! », confie la jeune femme.

Lina et sa mentor ont échangé régulièrement, que ce soit par visioconférence ou par mail. « Elle a toujours été très à l’écoute, prenant du temps sur sa journée de travail pour me conseiller ». Depuis que Lina a démarré son stage, elle a moins de contacts avec sa mentor, car moins de temps. Mais pour autant, le lien demeure. « Elle fait partie de mon réseau maintenant, je l’ai dans mes contacts LinkedIn, sur WhatsApp. On peut s’épauler – qui sait, un jour, je pourrais peut-être l’aider moi aussi ! »

Environ 120 binômes ont été créés en cette troisième année d’existence du programme. A tous les niveaux d’études pour les mentorés : ceux en début de parcours qui ont besoin d’être rassurés sur leur orientation ou accompagnés dans une réorientation, ceux en fin de formation qui veulent ouvrir leurs réseaux et être soutenus dans leur recherche d’emploi ou encore ceux qui souhaitent un soutien dans le cadre de la création d’une entreprise.

 

A 18 ans, Kévin, étudiant en Licence 1 éco-gestion à Annecy, a choisi, lui, de suivre le programme de mentorat pour « obtenir un réseau professionnel et également découvrir des entreprises, des secteurs d’activités qui peuvent m’intéresser ». Son mentor, directeur des opérations dans une entreprise industrielle locale, a pu lui faire visiter sa structure mais aussi le mettre en relation avec des salariés. « Vendredi prochain, je vais échanger avec l’une d’elle, spécialisée dans la finance », explique le jeune homme. Afin d’afiner son projet d’orientation.

L’université pour développer sa marque employeur

Côté entreprise, les échanges sont aussi bénéfiques. « Il est clair que l’université est de plus en plus perçue comme un centre de ressources pour les entreprises, qui leur permet aussi de recruter des jeunes pour des stages, des alternances ou des jeunes diplômés. C’est également pour les entreprises un moyen de se faire connaître et de développer leur marque employeur », estime Nicolas Borghese, directeur du Club des entreprises de l’Université Savoie Mont Blanc.

« Cela nous permet aussi de mieux connaître cette génération, ajoute Alain Hivet. C’est primordial. Avec cette tendance à se projeter sur plusieurs métiers au cours de leur carrière, la distinction CDD/CDI qui a moins d’importance, l’absence d’envie de devenir propriétaire, etc. ». Un bilan positif pour tout le monde. « Globalement les mentors sont très contents de la relation qui se crée avec le jeune, appuie Nicolas Borghese. Ils parlent d’une bouffée d’oxygène, du frais, du revigorant. »

Un travail en toute confiance entre université et acteurs socio-économiques

Du côté des deux Savoie, les liens entre les acteurs socio-économiques et l’université se développent depuis de nombreuses années. Le Club des entreprises a été créé en 1991. Sous statut associatif, il réunit 80 entreprises locales. Et multiplie les actions pour nouer des contacts entre les étudiants et les structures du territoire.

« Les universités ont accompli un travail très important pour renforcer ce lien avec le monde socio-économique », souligne David Melo, vice-président de l’Université Savoie Mont Blanc en charge de l’orientation, des relations avec les lycées, de l’insertion professionnelle et de la communication. Et l’Université Savoie Mont Blanc en particulier, inspirant d’autres établissements qui viennent observer ses dispositifs.

« Ce qui est impressionnant c’est qu’un travail se fait en toute confiance entre les services de l’Université, le Club des entreprises et l’ensemble du tissu socio-économique », souligne David Melo. Et se déploie dans une relation durable, même au niveau de la conception des formations. « Ce sont nous, en tant qu’universitaires, qui définissons le cadre pédagogique et les exigences associées aux formations, mais elles sont pensées en fonction des réalités du marché du travail ».

« Pour qu’un étudiant réussisse, il faut d’abord une formation de qualité. Il faut aussi qu’elle permette un accompagnement aussi individualisé que possible, et qu’elle soit connectée aux réalités du monde socio-économique », conclut David Melo.

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