Dopage : énorme scandale en Chine, 23 nageurs contrôlés positifs avant les JO de Tokyo

Accueil » Le Parisien » Dopage : énorme scandale en Chine, 23 nageurs contrôlés positifs avant les JO de Tokyo
Partager

Vendredi 19 avril, les relayeuses du 4x200m NL des États-Unis, dont la grande Katie Ledecky, ont appris qu’elles allaient bientôt être sacrées… championnes olympiques 2021 de la distance. Les Américaines vont bénéficier de la disqualification du quatuor chinois, dont l’une des membres a contrevenu aux règles antidopage.

L’annonce tombe au moment de révélations conjointes et fracassantes du New York Times et de la chaîne allemande ARD. Les deux entités ont enquêté de manière séparée sur la façon dont le contrôle positif de 23 nageurs chinois à sept mois des JO de Tokyo a été passé sous silence avec la « complicité » de la fédération internationale (World Aquatics) et de l’agence mondiale antidopage (AMA). Parmi eux, on trouve notamment Zhang Yufei et Wang Shun, médaillés d’or à Tokyo, ou encore Qin Haiyang, élu nageur de l’année en 2023 après son record du monde du 200m brasse.

 

À l’époque, la Chine avait elle-même reconnu le test positif de ses athlètes dans un rapport remis aux autorités compétentes, arguant qu’ils avaient ingéré une substance interdite de manière involontaire et en très petites quantités et que cela ne justifiait pas que de quelconques mesures de punition soient prises à leur encontre.

Mais au cours des investigations du NYT, reprenant une enquête menée par le FBI, des responsables américains de la lutte contre le dopage et des experts ont expliqué que les nageurs auraient dû être suspendus ou tout au moins faire l’objet de recherches plus approfondies et rejettent la faute sur les autorités chinoises et les instances internationales, pourtant prévenues d’une violation potentielle des règles.

 

En possession de nombreux documents émanant de plusieurs sources, l’AMA a ainsi évoqué « un manque de toute preuve crédible » pour clore le dossier. « Cela semble être un coup de poignard dans le dos des athlètes intègres et une profonde trahison de tous les athlètes qui concourent équitablement et respectent les règles, lâche le directeur général de l’agence antidopage américaine, Travis T. Tygart, qui affirme avoir alerté l’AMA sur le dopage dans la natation chinoise à plusieurs reprises depuis 2020. Tous ceux qui ont les mains sales en enterrant ces résultats positifs et en supprimant la voix de lanceurs d’alerte courageux doivent être tenus responsables dans toute la mesure des règles et de la loi. »

En sous-main, l’intervention des services secrets chinois

Des experts en antidopage relèvent que la façon dont a été traité le cas des nageurs chinois va à l’encontre des précédents destinés à garantir la transparence, la responsabilité et l’équité dans le sport. Car « l’enquête » menée par Chinada, l’agence antidopage chinoise, et gérée en sous-main par les services secrets chinois, apparaît assez abracadabrantesque…

Chinada explique que les meilleurs nageurs du pays séjournaient dans le même hôtel de Shijiazhuang fin 2020 pour une compétition nationale et qu’ils auraient été contaminés par accident avec de la trimétazidine, un produit prohibé depuis 2014 et censé améliorer la circulation sanguine (celui retrouvé par exemple chez la patineuse russe Kamila Valieva, qui a été suspendue quatre ans après appel de l’AMA alors qu’elle avait été blanchie par les autorités antidopage russes).

Des traces de la substance auraient été retrouvées dans les cuisines de l’établissement (canalisations d’évier, récipients à épices et bouches d’aération des tables de cuisson), accréditant la thèse de la contamination alimentaire (même si rien n’a été trouvé dans la nourriture). Une thèse à laquelle l’AMA a pleinement adhéré.

Faisant fi des procédures réglementaires, qui veulent que les échantillons de test soient envoyés immédiatement dans des laboratoires assermentés, Chinada les a gardés sous le coude pendant deux mois avant d’établir son propre verdict. Les nageurs n’ont même pas été suspendus provisoirement et ont ensuite pu se rendre au Japon avec la bénédiction de l’AMA comme si les contrôles n’avaient jamais eu lieu.

 

Contrairement aux affirmations du rapport Chinada, consulté par le NYT, la trimétazidine est un produit connu dans la natation chinoise. En 2014, le champion olympique Sun Yang, l’homme qui « pisse violet » selon la fameuse sortie de Camille Lacourt, a été suspendu pendant trois mois après avoir été testé positif au médicament en compétition.

« Mon inquiétude est immense, déclare David Howman, ancien DG de l’AMA aujourd’hui président de l’Athletics Integrity Unit. Les processus importants qui auraient dû être suivis après la découverte des tests positifs ne semblent pas l’avoir été. Ce que cela me dirait immédiatement, c’est qu’il existait peut-être une certaine forme de programme dans ce sport pour « préparer » les nageurs aux Jeux olympiques de Tokyo… »

Dans la capitale nipponne, les Chinois ont remporté trois médailles d’or, deux en argent et une en bronze en natation course. À quelques mois des Jeux de Paris, ils viennent déjà de perdre un titre…

#Dopage #énorme #scandale #Chine #nageurs #contrôlés #positifs #avant #les #Tokyo

Source link

Home

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut